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2 oct. 2026

Italie : la Journée des grands-parents met en lumière un pilier invisible du welfare familial

Dans la province de Raguse, l'Istat dénombre quelque 68 000 personnes de plus de 65 ans, dont une large part assure un soutien quotidien aux familles que les budgets publics ne mesurent pas.

Italie : la Journée des grands-parents met en lumière un pilier invisible du welfare familial

L'Italie a célébré le 2 octobre 2026 la Journée nationale des grands-parents, une récurrence instituée par la loi 159 du 31 juillet 2005, qui en a fixé la date et invité les écoles et les collectivités locales à promouvoir des initiatives consacrées au rapport entre générations. À cette occasion, l'association Nonsi (Nonni Smart Italia) a diffusé une note présentant les grands-parents comme un « caposaldo » du welfare familial, appelés à intervenir auprès des familles « nei momenti di difficoltà ». Les données disponibles portent principalement sur la province de Raguse.

La note rappelle que l'Istat ne recense pas les grands-parents en tant que tels, leur statut relevant d'un lien de parenté difficile à quantifier. Les données démographiques dénombrent en revanche, sur 321 000 habitants dans la province de Raguse, environ 68 000 personnes de plus de 65 ans, soit 20 à 21 % de la population totale. La note situe l'indice de vieillissement provincial à 161 personnes de 65 ans et plus pour 100 jeunes de moins de 14 ans ; les données territoriales consolidées de l'Istat citées pour 2024 font état d'environ 160 pour 100, contre 156 un an plus tôt, pour une moyenne sicilienne de 184,2. L'âge moyen ragusain, 44,5 ans en 2024 contre 45,7 ans en Sicile, reste le plus bas de l'île, devant Catane (44,8 ans), mais a progressé de deux dixièmes en douze mois. À partir des enquêtes nationales de l'Istat, selon lesquelles un peu plus de 70 % des personnes de plus de 65 ans ont au moins un petit-enfant, la note estime entre 42 000 et 46 000 le nombre de grands-parents actifs dans la province.

Les fonctions décrites recouvrent un soutien à la fois émotionnel et économique. Près de la moitié des familles italiennes s'appuieraient sur les grands-parents pour la gestion quotidienne des enfants, et une famille sur trois recourrait à leur apport, selon la note, qui mentionne également des « nonni sociali » engagés dans le volontariat auprès de mineurs en difficulté ou en situation de pauvreté éducative. Selon la presse locale ragusaine, cette organisation se traduit dans la province par des accompagnements à l'école et aux activités extrascolaires, qui permettent aux parents de concilier horaires de travail et vie familiale ; ce « welfare familial » n'apparaît ni dans les budgets publics ni sur les fiches de paie.

Une autre dimension, soulignée à Raguse, tient à la charge qu'implique ce rôle : les grands-parents d'aujourd'hui vivent plus longtemps et sont souvent sollicités simultanément par leurs enfants et leurs petits-enfants tout en devant faire face à leurs propres nécessités liées à l'âge, une génération qui en soutient d'autres et qui, à son tour, aura besoin de services et de politiques dédiées. S'y ajoute une dimension mémorielle : dans le Ragusain, beaucoup sont les derniers témoins directs d'un territoire profondément transformé, ayant vu partir des proches vers le nord de l'Italie, l'Allemagne, l'Australie et les Amériques, et observant aujourd'hui une nouvelle génération quitter la Sicile.

Les éléments disponibles ne mentionnent aucune mesure publique nouvelle accompagnant cette journée : la loi de 2005 se limitait à instituer la date du 2 octobre et à inviter écoles et collectivités locales à promouvoir des initiatives intergénérationnelles. La note de Nonsi inscrit pour sa part le rôle des grands-parents dans la tenue sociale des communautés locales, sans annoncer de dispositif public à venir.